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Nathalie Tremblais

Accompagnement – Prévention    Formation 

Gestalt Thérapie                                  Praticienne EMDR

Adulte, Adolescent, Enfant et bébé/parents

Paradoxe de l’attachement chez les adolescents

Dans son ouvrage « Paradoxe et dépendances à l’adolescence », Philippe Jeammet introduit le paradoxe de l’attachement à l’adolescence qui est illustré par 2 exemples :

Vous rentrez du travail et votre ado est assis(e) sur le canapé.
Vous lui dites d’un ton amical :
« Bonjour, comment s’est passée ta journée aujourd’hui ?«
Et il vous répond
« Oh !! Vous pouvez pas me laisser tranquille à la fin ! Vous êtes tout le temps sur mon dos !«
10 minutes plus tard, votre conjoint arrive du travail, aperçoit son ado et ne lui dit rien.
L’ado s’écrit alors de manière ironique:
« On dit pas bonjour ici !!! Ah, j’existe pas dans cette maison !! »

Dans une 1ere situation, en s’intéressant à l’ado, en s’approchant de lui, l’ado vit de l’envahissement et se recule.
Dans la 2eme situation, le parent ne s’intéresse pas à lui, l’ado se sent abandonné et réagit en provoquant le parent.

Cette situation paradoxale s’intensifie au début de l’adolescence.

La sécurité du jeune n’existe que dans un équilibre finement dosé entre le besoin d’autonomie et son besoin de lien, (besoin affectif) sans quoi l’adolescent peut vivre soit l’angoisse d’abandon soit la peur d’être envahi.

L’adolescent, pour se développer, a besoin à la fois d’autonomie et de lien. Mais lorsque qu’il satisfait son besoin, il peut vivre le trop proche ou le trop loin. Dans ce cas, il contacte une angoisse qui le fait réagir.
Plus il satisfait son besoin d’autonomie, plus il s’éloigne et plus l’angoisse d’abandon peut apparaître.
Plus il satisfait son besoin de lien, plus il est proche, plus l’angoisse d’envahissement peut apparaître.
Mais cette angoisse n’a pas la même intensité pour chaque ado. Le pilote intérieur qui fait aller d’un coté à l’autre du curseur avec plus ou moins de violence, c’est ce que P. Jeammet appelle les assises narcissiques ou la sécurité intérieure.

Cette sécurité intérieure, c’est la sécurité affective de l’ado, son estime de lui, sa sensibilité au regard des autres, sa confiance en lui et en les autres qui pilote le comportement de l’ado et sa distance relationnelle avec les autres.
Plus il a de l’insécurité interne (baisse d’estime de soi, de confiance en soi), plus il devient dépendant de son environnement pour lui apporter de la sécurité, mais cela va à l’encontre de son autonomie et l’angoisse d’envahissement provoque le rejet.
Les changements émotionnels, physiques et cognitifs de l’ado bouleversent la sécurité intérieure construite par le bébé (6-24mois) avec son environnement (cf : sur l’attachement voir vidéo N. Guédeney et B. cyrulnik). C’est la façon dont le bébé a été sécurisé ou pas à s’approcher et à s’éloigner des figures d’attachement (maman, papa, référent…) qui va construire cette sécurité intérieure.
Pour plus de détails, Il faut une nécessaire confiance de l’ado en ses proches (parents, amis, personnes ressources, thérapeute) et en miroir en lui-même pour affronter ses doutes intérieurs.
Il n’est pas possible de contrôler le plaisir partagé avec l’autre car il a une fin et il dépend des autres. Par contre, je peux contrôler le déplaisir et l’insatisfaction si je suis acteur. En contrôlant la souffrance (rejet, plainte, bouderie, fugue, violence, vol, échec scolaire, scarification, …), l’ado va contrôler l’attention des autres.
Il peut choisir entre la créativité (co-construction avec l’autre) ou la destructivité.
« C’est en se nourrissant de ce dont il a besoin (du lien), que l’ado deviendra plus indépendant et qu’il pourra se positionner face aux adultes, à la fois réceptif et différent de ces adultes. ….. Mais c’est après qu’il le sait. » (P.Jeammet).
Le film « Tète haute » de Emmanuelle Bercot est une belle illustration de ce paradoxe de l’attachement à l’adolescence.

Adolescence : le complexe du homard

Juin 1, 2015 | Information – publication.

L’adolescence est une période de transformation, de mutation entre l’enfance et le monde des adultes.
Dans son livre « Parole d’adolescents ou le complexe du homard« , Françoise Dolto utilise l’image de la mue du Homard pour représenter la crise d’adolescence. L’enfant se défait de sa carapace, soudain étroite, pour en acquérir une autre.
Entre les deux, il est vulnérable, agressif ou replié sur lui-même.
Mais « ce qui va apparaître est le produit de ce qui a été semé chez l’enfant », avertit Dolto. Les parents devraient donc voir les crises explosives comme une preuve qu’ils ont rempli leur contrat, les repères éducatifs s’avérant suffisamment souples pour « sauter » au bon moment.
A l’inverse, si les parents sont trop rigides, l’ado restera prisonnier de sa carapace et désarmé face à la dépression.
Les crustacés muent pour pouvoir grandir. A la sortie de la mue le crustacé est complètement mou, sa carapace ne sera reconstituée en une quinzaine de jours et en attendant il est à la merci des prédateurs.
Cette analogie avec le homard décrit bien ce qui se passe à l’adolescence. En très peu de temps l’enfant va se métamorphoser :
• il grandit brutalement en taille et les attributs sexuels apparaissent de manière très visible (seins, fesses, muscles, poils).
• c’est l’explosion des hormones avec l’apparition d’émotions qu’il ne contrôle plus.
• la croissance du cerveau reprend avec un étalement dans le temps. Dans un premier temps les capacités cognitives se développent pour atteindre rapidement leur apogée. Les capacités de prise de recul et d’anticipation ne viendront que vers la fin de l’adolescence.
L’adolescence perd sa carapace d’enfant pour se retrouver dans la peau d’un ado avec un nouveau corps, des émotions à revendre et un cerveau de course mais qui ne pense qu’à court terme.
Il se retrouve dans un état de grande vulnérabilité.
A ce moment là, l’adolescent est comme « une girouette sensible à tous les vents qui veut aller partout à la fois ».